Rompre sans céder

Le décès d’un proche, une rupture amoureuse ou amicale, un ami qui déménage loin, un enfant qui part vivre sa vie, un emploi que l’on quitte à regret… nous connaissons tous ces croche-pieds du destin qui nous laissent souffrants et impuissants. Ce sont des déchirures, plus ou moins graves, qui nous blessent ou nous angoissent car elles touchent nos points sensibles, nos faiblesses réelles ou supposées. Blessures profondes qui nous anéantissent ou simples écorchures douloureuses, elles peuvent laisser des traces difficiles à effacer.

Pourtant, il est possible de tirer profit de ces cassures qui font partie intégrante de la vie. C’est ce que nous montre Anne-Laure Buffet dans un ouvrage intitulé Ces séparations qui nous font grandir. Ces accidents, même vécus comme une fin, peuvent être aussi l’occasion d’un nouveau départ, une renaissance, lorsque l’on sait les apprivoiser.

Anne-Laure Buffet est thérapeute spécialisée dans l’accompagnement des personnes victimes de violences psychologiques. Dans son dernier ouvrage, elle décortique les mécanismes de la rupture, les douleurs qu’elle engendre et les moyens de s’en libérer. Une écriture sans jargon, un ton simple et direct, sans dogmatisme et à hauteur humaine, de nombreux exemples, des témoignages, Ces séparations qui nous font grandir est un livre tout simplement utile.

Ces séparations qui nous font grandir

Anne-Laure Buffet

Eyrolles

184 p – 18 €

Bob le fataliste

La griffe du passé, La nuit du chasseur… Robert Mitchum est une icône du cinéma. Un regard noir, une présence massive et silencieuse, il a laissé une empreinte inaltérable, même dans ses films les plus dispensables. Mais derrière le personnage public se cachait un être complexe, un homme dans la lumière qui ne rêvait que d’ombre, idéaliste et fataliste. Un artiste en équilibre instable ente bonheur et mélancolie, une « manière d’être complètement dedans et totalement à côté ». Dans Robert Mitchum. L’homme qui n’était pas là Lelo Jimmy Batista dresse un portrait réaliste et empathique de l’acteur, à travers quelques moments clefs de sa vie. Une biographie douce-amère qui donne envie de se transporter dans le Hollywood des années 50/60 à la recherche de ce Bob Mitchum si paradoxal et attachant.

Robert Mitchum. L’homme qui n’était pas là

Lelo Jimmy Batista

Capricci

128 p – 11,50 €

Paris Babel

Belleville, Ménilmontant, dans les hauts de la ville, des humains aux multiples origines cohabitent et se croisent sans toujours se voir : jeunes urbains branchés, employés modestes, sans papiers, dealeurs… Issa, l’éboueur sénégalais, connait ce coin comme sa poche. Il en a sillonné des rues et rencontré des gens, depuis qu’il est arrivé en France. Un jour, son chemin croise celui de Manuela la cubaine. Lorsque le mari de la jeune femme est assassiné et qu’elle disparait mystérieusement, Issa se lance à sa recherche. Mais sa quête va bousculer le business d’un gang de trafiquants et faire basculer sa vie tranquille.

Belleville city, premier roman de Yannis Tsikalakis est une plongée bouillonnante dans un Paris populaire et obscur, celui des quartiers nord-est, loin de la ville lumière et de ses paillettes. Des personnages bien dessinés, un style vif, ce roman policier qui se lit avec plaisir, comme une visite inattendue de la capitale.

Belleville city

Yannis Tsikalakis

Autrement

304 p – 17,90 €

La cité des enfants perdus

Falloujah, en Irak, fut pendant longtemps pour le Français Feurat Alani le pays des vacances en famille, le bonheur partagé, les parfums d’abricot et de cardamome. Un jour de 2004, la mort s’est abattue sur la ville, dévorant inexorablement les enfants de la « cité des mosquées ». La révolte des habitants, le siège par l’armée américaine, les bombardement intenses… Falloujah la rebelle, pour avoir voulu résister à l’envahisseur étranger, a été terrassée. Devenu journaliste, Feurat Alani est revenu sur les pas de sa jeunesse, pour y découvrir les profondes cicatrices, tant morales que physiques, laissées par le conflit. Ainsi que le raconte l’oncle Imad à son neveu : « Des armes étranges et monstrueuses ont semé la mort dans la population ». Comme si cela ne suffisait pas, les bébés nés après les frappes américaines ont payé très cher le prix de la folie humaine. Décès prématurés, maladies et de malformations ont touché près d’un enfant sur dix. Parti enquêter sur ce phénomène aux Etats-Unis puis au Pays de Galles, le reporter découvre que des milliers de tonnes d’uranium appauvri, peut-être même enrichi, ont été déversées sur Falloujah par l’armée US, provoquant dans la population des dégâts pires qu’à Hiroshima.

Entre récit autobiographique et enquête journalistique, Falloujah Ma campagne est une œuvre graphique âpre, sombre et sensible qui raconte avec lucidité l’enfer vécu par les femmes et hommes de la cité martyr. Le dessin en noir et blanc, sobre et expressif d’Halim illustre remarquablement les propos de Feurat Alani.

Falloujah Ma campagne perdue

Scénario : Feurat Alani

Dessin : Halim

Les escales

126 p – 18 €

Green et châtiment

Vous avez des tendances homicides prononcées mais vous ne supportez pas la vue du sang ? Vous haïssez le genre humain dans son ensemble mais l’idée de passer à l’acte vous fatigue d’avance ? Alors le livre La mort par les plantes de Helmut Eisendle est fait pour vous. Tel un herbier peu recommandable mais superbement illustré, l’ouvrage compile en 33 fiches tout ce qu’il faut savoir sur les plantes toxiques. Noms, propriétés, effets, modes d’emplois et cas pratiques, vous n’ignorerez bientôt plus rien de ces fruits défendus. Grâce aux connaissances ainsi acquises, vous pourrez enfin prendre votre destinée en main et vous débarrasser tranquillement de tous les importuns qui polluent votre horizon. Comme l’écrit l’auteur « Le savoir, c’est-à-dire la connaissance des possibilités d’opérer une destruction absolue, est de manière évidente un moyen de remporter la victoire sur un adversaire ».

L’Autrichien Helmut Eisendle, décédé en 2003, était mécanicien informatique, biologiste, docteur en psychologie et en philosophie. Il a écrit une quarantaine de livres. La mort par les plantes est (hélas) sa seule œuvre traduite en français. Entre poésie, humour, réflexion et botanique, c’est le recueil indispensable aux révoltés apathiques et aux misanthropes paresseux.

La Mort par les plantes

Helmut Eisendle

Vies Parallèles

160p – 20 €

Joyeux Noëls

Les Limericks sont de courts poèmes typiquement anglais popularisés par Edward Lear, un écrivain et illustrateur du XIXème siècle. Ils se présentent sous forme de pièces rimées de cinq vers, le plus souvent irrévérencieuses, voire obscènes, racontant de petites histoires pleines de « nonsence », une forme d’humour proche de l’absurde, dans l’esprit de l’Alice de Lewis Caroll.

Élodie Gillibert s’est lancée le défi d’écrire ses propres Limericks, travail d’autant plus ardu que chacun de ses textes est écrit en anglais et en français. Quand on connait la différence de sonorité entre les deux langues, on mesure la complexité de la mission qu’elle s’est assignée. Heureusement, le pari d’Elodie Gillibert est largement réussi avec ce recueil de Limericks faussement légers, à la réjouissante bizarrerie. Les dessins de Marc Guerra, telles les illustrations d’un énigmatique dictionnaire, soulignent parfaitement la gaîté paradoxale de ces petites poésies.

The sad story of Christmas Carol Lewis / La triste histoire de Noël Charles Lewis

Elodie Gillibert & Marc Guerra

Le bousquet-La barthe éditions

29 p – 9€

Meilleurs ennemis

On ne choisit pas sa famille. En revanche, on a toujours le choix de ses ennemis, donc autant les sélectionner avec tact. Combien d’inimitiés ont été gâchées bêtement faute d’avoir su choisir un adversaire à la hauteur. Nicolas Moog et Gilles Rochier n’ont manifestement pas ce souci. Ils se détestent, mais avec ferveur, se haïssent avec talent. Et comme ils ne sont pas bégueules, ils ont décidé d’un commun désaccord de partager leur exécration mutuelle dans un album qu’ils ont sobrement intitulé L’autre con.

Mélange de dessins moqueurs et d’échanges de textos hargneux, L’autre con est la chronique joyeusement irrespectueuse d’une fausse animosité entre deux artistes qui s’admirent en vrai mais n’osent pas trop le crier sur les toits. Quand la mauvaise foi devient un art jubilatoire.

L’autre con

Nicolas Moog et Gilles Rochier

Editions Rouquemoute

84 p – 9 €

La voix de son maître

Baptiste est un imitateur talentueux mais sans public, qui peine à vivre de son art. Il ne contrefait que des personnages oubliés ou démodés. Un jour, il est abordé par Jean Chozène, un célèbre romancier, qui lui propose un étrange marché : prendre sa place au téléphone. L’écrivain pourra ainsi se consacrer pleinement à la rédaction de son dernier ouvrage. Baptiste devient donc la voix du grand auteur, celle qui répond à la famille, aux gens du métier, aux amis ou aux fâcheux, sans que personne de se rende compte de la supercherie. Plus le temps passe et plus Baptiste prend de l’assurance. Il se glisse lentement dans la peau de Chozène, jusqu’à prendre sa place. L’artiste en galère se transforme petit à petit en une sorte de démiurge fasciné par son pouvoir. Jusqu’à qu’à la perte définitive d’équilibre…

Le répondeur, de Luc Blanvilain, est une comédie de mœurs ironique et moderne, qui parle de l’identité et de l’illusions, du besoin frénétique de paraître, d’exister à tout prix aux yeux du monde, jusqu’au risque de se perdre. C’est aussi une réflexion pleine d’humour et d’acuité sur la création artistique. Celle de l’homme de lettres reconnu et respecté ou de son double vocal passant de l’ombre à la lumière, du statut de « larbin sonore » à celui d’interprète virtuose. Un récit vif, plein de rebondissements et joyeusement enlevé.

Le répondeur

Luc Blanvillain

Quidam éditeur

260 p -20 €

C’était mon premier semestre (merde!)

Rien à ajouter

LEXTERNE

Nous étions au mois de mars. Le plus dur était fait. Quatre mois sur six. Ce stage aux Urgences aurait donc une fin? En décembre, j’étais prête à tout lâcher. Plus de force. Plus rien. Tout noir. L’enchaînement des gardes sans dormir combiné au stress de devoir tout faire vite tout en étant complètement débutante… J’était vidée. Plus de jus. La fin avril me paraissait trop lointaine: j’allais y laisser ma peau. Puis quelques jours de vacances m’ont remise sur pied. Dormir, manger, vivre un peu. Je pouvais le faire. Et voilà, nous étions déjà au mois de mars: j’allais le faire. Arriver jusqu’au 1er mai, à la fin de ce premier semestre en tant qu’interne, à travailler comme médecin pour la première fois, dans un service d’Urgences.

Et là… Patatras. L’OMS utilise les gros mots: « c’est une pandémie! ». L’ARS nous parle: « vous restez à votre poste jusqu’en juin, ou…

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Le monde des livres

Les livres sont mondes étranges et magiques. Ils offrent à leurs lecteurs des saveurs, des parfums familiers ou inconnus. Clémentine Mélois est tombée dedans quand elle était petite, tel un certain gaulois tombé dans la potion magique (la comparaison s’arrête là). Il y a pire addiction. Pour notre plus grand bonheur, elle a décidé de partager cette passion, de parler de ces ouvrages aimés, comme on ferait goûter ses plats préférés à des amis. Tolkien l’initiateur, Perec ou Francis Ponge, Astérix, Maigret ou le capitaine Achab, l’inventaire est long et éclectique. Ces œuvres sont des voyages, des allers-retours entre quotidien et rêve, vie d’adulte et enfance. La lecture se transforme alors en une expérience sensorielle durant laquelle le temps devient élastique. Qu’il soit de poche ou relié cuir, l’objet imprimé lui-même a quelque chose de magique, de fascinant, qui justifie aisément le doux fétichisme des amoureux de littérature.

La dernière création de Clémentine Mélois s’intitule Dehors, la tempête. Après cette tourmente silencieuse et inquiétante qui a frappé à nos portes, elle rappelle, avec tendresse, humour et un brin de nostalgie, à quel point un livre peut être un refuge apaisant. Elle nous invite à relire ceux qui ont compté. Elle nous pousse à partir à la découverte d’auteurs inconnus et de nouveaux personnages, pour mieux entrer dans leur univers et par-là même de les inviter dans le nôtre. Tout un programme de plaisirs à venir, de bonheurs à partager.

Dehors, la tempête

Clémentine Mélois

Grasset

192 p – 17 €

L’heure de Loire

L’estuaire de la Loire est un pays incertain, un espace hésitant entre fleuve et océan, boires abandonnées et raffineries incandescentes, nostalgie et modernité. Le bac de Mindin, trait d’union obsolète entre deux berges, n’existe plus. Il a été depuis longtemps remplacé par le pont de Saint-Nazaire, même si son fantôme hante toujours le fleuve. Pendant deux ans, avec passion, Ludovic Giraudon, Patrice Lumeau et Guillaume Noury ont exploré, observé et écouté ce monde à part. Ils l’ont photographié et raconté dans un ouvrage collectif intitulé Tu vas où ? tu m’emmènes… Une flânerie rêveuse d’une rive à l’autre, au hasard des rencontres et des découvertes. Un livre comme une promesse de voyage dans un pays presque imaginaire.

Tu vas où ? tu m’emmènes…

Ludovic Giraudon, Patrice Lumeau, Guillaume Noury

Auto-publié

Commande https://guillaumenoury.format.com/livre-tu-vas-ou-tu-m-emmenes

18 € – 52 p

Chacun cherche son chat

Vous avez peut-être déjà croisé, collé à un arbre ou à un mur, un message déposé par un humain éploré à la recherche de son animal de compagnie disparu. Ces affiches racontent des micro-tragédies de la rue, empreintes de tristesse et d’espoir. Bruno Gibert, tel un Docteur Dolittle urbain et écrivain, doit probablement parler couramment plusieurs langues, comme le chien, le chat ou la perruche. Grâce à ce don, il a pu donner la parole à quelques-uns de ces fugitifs, sous la forme de lettres adressées à leurs propriétaires.

Pas perdus ! c’est une vingtaine d’histoires pleines de poésie et d’humour, inventées à partir de vrais avis de recherche. Elles parlent de nos relations souvent ambiguës avec nos fidèles compagnons. Des fables sensibles et ironiques où l’humanité, avec ses petits travers, n’a pas toujours le beau rôle. La littérature enfantine dissimule des trésors insoupçonnés. Pas perdus ! fait partie de ces perles rares et cachées qui méritent d’être découvertes et appréciées sans fausse honte et sans limitation d’âge.

Pas perdus !

Bruno Gibert

L’école des loisirs

160 p – 12 €

Le goût de la pomme

Un psychanalyste en fin de carrière, presque au bout du rouleau. Il ne lui reste plus que huit cents séances et c’est fini, il ferme son cabinet et prend sa retraite. Il y a longtemps qu’il a oublié ses rêves au fond d’un des tiroirs de son secrétaire. Les années ont passé, le jeune praticien qu’il était, plein de projets et d’espoirs, s’est lentement desséché, racorni seul dans son coin : « l’homme était devenu un autre, pendant que je regardais ailleurs ». Un jour débarque dans son cabinet Agathe, une nouvelle patiente au parfum de pomme. Une femme fragile, en équilibre précaire au bord du vide, comme victime d’un inexorable processus d’effacement. Entre ces êtres a priori si éloignés, une douce alchimie va s’opérer, par petites touches, rendez-vous après rendez-vous. Deux âmes presque mortes vont enfin revivre au contact l’une de l’autre.

Agathe, de la Danoise Anne Cathrine Bomann, est une merveille de délicatesse et d’intelligence. Une œuvre à l’écriture sobre, subtile, qui parle avec sensibilité de sujets sombres, comme la vieillesse qui emprisonne ou les peurs qui paralysent. L’autrice y évoque aussi avec chaleur et tendresse le désir, le partage, et toutes ces choses, petites ou grandes, qui entraînent vers la vie et la lumière. Sous sa plume, la confection d’un gâteau aux pommes devient un véritable moment de bonheur et de poésie. Anne Cathrine Bomann est psychologue, Agathe est son premier roman et a été traduit dans une vingtaine de langues. Gouttez-y sans hésiter et régalez-vous.

Agathe

Anne Cathrine Bomann

La Peuplade

176 p – 18 €

Narration désynchronisée

Le métier de romancier est plus compliqué que l’on ne l’imagine. Surtout quand les personnages de la fiction littéraire échappent à leur créateur et n’en font qu’à leur tête. C’est ce qui arrive au héros de Albert et l’argent du beurre de Laurent Rivelaygue. Il se rêvait en fabriquant de best-sellers, riche et adulé. Le voilà condamné à courir après ses propres créatures, se bagarrer contre elles, réparer les catastrophes qu’elles provoquent ou subissent. Démiurge impuissant, il en est réduit à essayer de renouer tant bien que mal les fils d’un récit parti dans tous les sens.

Albert et l’argent du beurre est un roman loufoque et singulier. Vu de loin, il ressemble à du grand n’importe quoi, mais c’est en réalité une œuvre parfaitement maîtrisée. Une littérature approximative brillamment organisée, inventive et d’une réelle drôlerie. Le combat du pauvre plumitif dépassé devient une sorte de concours de narration désynchronisée où l’auteur (celui de chair et d’os, pas l’autre malheureux) secoue la langue française à grands coups de néologismes, pléonasmes et autres bizarreries stylistiques, à en rendre fous les membres de l’Académie française. Il est malheureusement à craindre que Laurent Rivelaygue soit le fruit, caché et indigne, de l’union contre nature de Jean-Baptiste Botul, Pierre Desproges et des Nuls, voire même pire. La lecture de son dernier ouvrage, à l’humour absurde, potache et déjanté, est en tout cas la meilleure des façons de lutter contre la morosité ambiante, en se tenant les côtes dans de grands éclats de rire.

Albert et l’argent du Beurre

Laurent Rivelaygue

Éditions du Sonneur

224 p – 15 €

Définir l’intime ?

Etymologiquement l’intime, du latin intimus, désigne ce qu’il y a « de plus intérieur ».  Paradoxalement, le concept relève avant tout d’un acte social, « une volonté de dévoiler ou de soustraire », un choix qui est le reflet de la société. Mais chercher à définir l’intime est délicat, tant cette notion est changeante, insaisissable. La revue Sensibilités, dans son numéro 6, est partie chercher l’intime là ou on ne l’attendait pas. Philosophes, chercheurs, universitaires ou artistes, les expériences et les savoirs sont variés. Réflexion sur le besoin de mettre en scène sa vie privée, exploration de la culture japonaise, fac-similés de lettres d’amour ou de rupture, photographies de lits d’adolescents incarcérés à Fleury-Mérogis… autant de thèmes originaux qui reflètent parfaitement la complexité du sujet. Une approche libre et éclectique qui prouve que l’idée de l’intime ne peut pas se laisser enfermer dans un cadre trop rigide. Sensibilités est une revue semestrielle qui explore avec intelligence la question des sensibilités en multipliant les regards autour d’un même thème.

Sensibilités

Les paradoxes de l’intime

Revue semestrielle

Abonnement 1 an 44 €

Editée par Anamosa