Définir l'intime ?

Etymologiquement l’intime, du latin intimus, désigne ce qu’il y a « de plus intérieur ».  Paradoxalement, le concept relève avant tout d’un acte social, « une volonté de dévoiler ou de soustraire », un choix qui est le reflet de la société. Mais chercher à définir l’intime est délicat, tant cette notion est changeante, insaisissable. La revue Sensibilités, dans son numéro 6, est partie chercher l’intime là ou on ne l’attendait pas. Philosophes, chercheurs, universitaires ou artistes, les expériences et les savoirs sont variés. Réflexion sur le besoin de mettre en scène sa vie privée, exploration de la culture japonaise, fac-similés de lettres d’amour ou de rupture, photographies de lits d’adolescents incarcérés à Fleury-Mérogis… autant de thèmes originaux qui reflètent parfaitement la complexité du sujet. Une approche libre et éclectique qui prouve que l’idée de l’intime ne peut pas se laisser enfermer dans un cadre trop rigide. Sensibilités est une revue semestrielle qui explore avec intelligence la question des sensibilités en multipliant les regards autour d’un même thème.

Sensibilités

Les paradoxes de l’intime

Revue semestrielle

Abonnement 1 an 44 €

Editée par Anamosa

Ellipse hip hip hourra !

Plus le temps passe et plus les choses demeurent les mêmes. Prenez par exemple les titres de presse : depuis plusieurs années Adrien Gingold et Frédéric Martin en traquent la perle rare, la phrase qui flashe, l’accroche foireuse, le résumé virtuose ou approximatif, dont nous abreuvent les journaux sous toutes leurs formes. Et chaque cuvée délivre son lot de petits trésors volontaires ou non. Il faut dire qu’avec la surabondance des médias, notamment en ligne, et la course de plus en plus frénétique à l’audience, la source n’est pas près de se tarir. Le nirvana dans ce domaine est sans conteste le fait divers. C’est un univers parallèle qui fait le bonheur des amateurs de curiosités, un monde perdu sans cesse réinventé, entre réalité froide et poésie absurde, qui se prête à bien des rêveries. 

Le tout va bien 2019 est à la hauteur de ses prédécesseurs. « Déjà 33 ans de prison et il vole du boudin », « Un couple vole deux cafetières qui fuient, la police les suit à la trace » … autant de microfictions ébouriffantes, d’ellipses grandioses, qui valent bien des romans fleuves.

Le tout va bien 2019

Adrien Gingold et Frédéric Martin

Le Tripode

148 p – 9 €

Une bonne dose de Martini

Un jour, au détour d’une conversation avec sa grand-mère, Sylvain Chantal apprend qu’un des oncles de celle-ci a été le chauffeur du négus, Haïlé Sélassié, roi des rois et dernier empereur d’Éthiopie. Intrigué, il creuse un peu plus le sujet et découvre que ce lointain parent, Francesco de Martini, a eu une carrière plutôt extraordinaire. Il fut une sorte de Lawrence d’Arabie mâtiné de James Bond, mais en version italienne. L’écrivain décide alors de poursuivre ses recherches pour en faire le sujet de son prochain livre. Entre Nantes, Rome et Beyrouth le voici parti recoller les morceaux épars d’une étonnante aventure quasiment oubliée.

Turco est une enquête presque policière à la recherche de l’aïeul perdu. C’est une narration à plusieurs niveaux, sautant sans cesse du passé et présent, une confrontation entre le quotidien un peu bancal de l’écrivain et les aventures romanesques et abracadabrantes du militaire. Simple soldat italien, chauffeur du négus, chef de la garde impériale éthiopienne, espion… la vie de l’italien ne manque pas de souffle et de rebondissements. L’auteur, quant à lui, prend son temps, digresse et musarde, entre deux pages d’écritures. On éprouve autant de plaisir à suivre ses petits tracas, ses doutes et ses surprises qu’à découvrir les tribulations à rebondissement de son fantasque héros. Tout cela donne au récit de Sylvain Chantal un ton joyeusement enlevé, avec une bonne dose d’autodérision réconfortante en cette période d’ego trop souvent boursouflé.

Turco

Sylvain Chantal

Bouclard

208 p – 19 €

Ma sorcière mal aimée

Imaginez un marais putride peuplé de créatures abjectes, monstres hostiles et entités démoniaques. C’est le domaine de Radada, sorcière de son état, et de son fidèle et lubrique animal de compagnie, Francis. La dame n’aspire qu’à une chose, qu’on la laisse tranquille. Mais il y a sa sœur Mélusine, ennemie jurée, les paysans de la région, le Diable, Neptune et tout une kyrielle d’entités plus ou moins douteuses qui ne semblent avoir pour seule ambition que de nuire à la magicienne. Alors bien sûr ça l’énerve, il lui arrive de perdre son sang-froid et de commettre des horreurs, mais il faut bien qu’elle défende son cher marais.

Radada est un personnage de BD créé en 1992 par Gaudelette, au dessin et au scénario, et Sauger, co-scénariste. Une héroïne infréquentable à la mauvaise humeur franchement réjouissante, et dont les sévices ne sont finalement qu’une juste réponse à la bêtise et à l’avidité des humains. Radada l’intégrale est l’occasion de replonger avec délice dans les frasques de cette désopilante mégère.

Radada l’intégrale

Gaudelette et Sauger

Fluide Glacial

160 p – 24,90 €

Prix 130 livres 2019

Comme j’ai un peu la flemme de faire ma compil de l’année, j’emprunte celle d’Antoine Faure, qui fait ça très bien.

130 livres

  • Prix 130 du meilleur bouquin lu cette année si ce genre de prix était décerné par 130 lives : Eureka street, de Robert McLiam Wilson
  • Prix Robert Penn Warren du merveilleux classique ignoré de tous : Un endroit où aller, de Robert Penn Warren
  • Prix du bouquin littéralement fait pour toi et qui dépasse quand même tes attentes : Ce que cela coûte, de WC Heinz
  • Prix du roman idéal pour faire le malin parmi les malins : Les saisons, de Maurice Pons
  • Prix du meilleur Philip Roth lu cette année : La contrevie, de Philip Roth
  • Prix du plus beau substitut possible à Franz Kafka, pour ceux qui n’osent pas dire qu’ils ne l’adorent pas : L’homme de Kiev, de Bernard Malamud
  • Prix « Oui, mais c’est moi qui décide » : Sérotonine, de Michel Houellebecq
  • Prix du premier roman qui dit plus…

Voir l’article original 140 mots de plus

Good Bye Lénin

Urbex, de l’anglais « urban exploration », signifie exploration urbaine. C’est-à-dire la visite des immeubles et des endroits abandonnés ou interdits. L’ex-Allemagne de l’Est, disparue en 1990, regorge de ces vaisseaux fantômes, vestiges oubliés mais toujours très présents du socialisme d’avant la chute du mur de Berlin. Depuis, le silence a recouvert les années RDA, comme si elles n’avaient jamais existé, comme si une amnésie collective avait frappé le peuple allemand.

Nicolas Offenstadt est parti à la recherche des traces d’un passé pas si lointain, à la découverte de ces endroits emblématiques de la République Démocratique Allemande. Lieux de pouvoir, entreprises, bâtiments militaires, culturels ou sportifs, Il en a visité plus de 250, les a photographiés, a cherché à les comprendre et à le faire parler. Urbex RDA est le riche journal de voyage de cette errance urbaine de l’autre côté du mur. Un ouvrage passionnant qui explore avec rigueur et poésie l’histoire d’un État disparu il y a peu.

Urbex RDA

Nicolas Offenstadt

Albin Michel

258 p – 34,90 €

En écoutant Gabin

Il y a la mer du Nord, au loin les falaises anglaises, les bateaux qui passent comme des rêves de voyages. Il y la plage, les dunes, des hiboux et des oies sauvages. Il y a, tout près, perdu en pleine nature, quelques baraques de bric et de broc où vivent Anatole, Loïk et Lucille. Au dehors, c’est la ville, le port et le chantier monstrueux où travaille Loïk. Les trois se sont construit une petite communauté de peu, une presque famille unie par un attachement pudique, deux oncles bourrus, approximatifs et leur nièce de fortune. La vie s’y écoule, doucement chaotique, faite de petites joies, de rires et de mélancolie, et Jean Gabin n’est jamais très loin. Parfois ça se chamaille un peu, mais quand ça tangue à l’extérieur on sait se tenir chaud. Jusqu’au moment où tout bascule dans le drame. Bêtement, pour des conneries, des trois fois rien qui se transforment en machine à broyer, comme celle que conduit Loïk. Loïk, son goût pour le désastre, ses fêlures et sa colère à fleur de peau qui ne demande qu’à exploser.

L’auteur de L’horizon qui nous manque est un enfant du Nord et cela se sent à la lecture de son dernier roman. C’est un récit bleu comme un ciel printanier, plein de sable, de vent iodé et de cris d’oiseaux. Il a un parfum de bière et de salicorne. C’est aussi un roman amer et gris, d’un gris poisseux comme un ciel flamand des mauvais jours. Une belle et poignante chronique, entre tendresse et violence, accompagnée par les mots de Gabin et superbement mise en musique par Pascal Dessaint.

L’horizon qui nous manque

Pascal Dessaint

Rivages Noir

250 p – 19 €

Danse macabre

La mort est partout et nulle part. On la croise au coin de la rue, dans les faits divers, les informations nationales, ou dans la rubrique obsèques du journal local. Pourtant l’idée de mort reste intolérable pour la plupart d’entre nous. Nous regardons ailleurs, nous l’euphémisons pour mieux l’oublier. De peur de vieillir nous essayons d’arrêter le temps, à la recherche illusoire d’une éternelle jeunesse.

Heureusement, il y a Lelo Jimmy Batista pour nous rappeler à quel point le savoir-mourir est un art nécessaire. Et quoi de mieux que le cinéma pour nous apprendre à succomber avec éclat ? Tués par la mort est la compilation indispensable des disparitions incongrues du grand écran. Mort par brosse à dents, par carotte, par gigot d’agneau… les possibilités semblent infinies. L’auteur a convoqué des grands noms du 7ème art, des maîtres de l’horreur et du fantastique et des tacherons de la pellicule, pour nous offrir ce dictionnaire ironique et poétique de décès bizarres. Illustré par les dessins joyeusement corrosifs de Freak City, Tués par la mort est une salutaire leçon de vie et de mort où l’humour noir flirte avec la philosophie.

Tués par la mort

Lelo Jimmy Batista, illustrations Freak City

Hachette Heroes

272 p – 19,95 €

Domination

Au nord du Québec les habitants de la petite ville de Roberval traînent leur ennui au bord du lac Saint-Jean. Une société de soumission où le quotidien pèse et anesthésie comme la neige engourdit. Dans cette région austère, l’avenir se dessine en gris terne. A la scierie, un des principaux employeurs du coin, les salariés sont en grève et le conflit social s’éternise et se durcit. Parmi les grévistes, il y a Querelle beau et hédoniste colosse venu de Montréal et Jézabel la rebelle. Deux âmes libres et solaires coincées dans une société engoncée dans ses tristes conventions. Mais que valent ces individus de peu, ouvriers méprisés, indigènes déclassés, face à la logique du profit pur, celle de la réduction des coûts et de l’ubérisation en marche ? Dans un affrontement de plus en plus tendu, tous les coups sont permis contre les grévistes. Pendant ce temps les autorités regardent ailleurs. A la brutalité des rapports de domination, imposée par les pouvoirs économiques et politiques, répond alors la colère de ceux qui n’ont plus ni parole ni espoir. Une lutte inexorable s’engage, âpre et frontale, qui ne peut se terminer que par un drame.

Kevin Lambert est un jeune écrivain québécois et Querelle est son deuxième ouvrage. C’est une tragédie sociale et érotique, entre Zola et Jean Genet, qui empoigne, trouble et secoue. Un récit puissant et cru, à l’écriture ironique, violente et sensuelle. Un roman que l’on prend comme une claque et que l’on referme groggy, abasourdi.

Querelle

Kevin Lambert

Le nouvel Attila

256 p – 18 €

Paris comme un rêve

Paris a mille visages. Hôtels particuliers, anciens ateliers, immeubles modernes ou haussmanniens, habitat bourgeois ou populaire, autant d’apparitions, autant de découvertes. L’agglomération est riche de ses différences et de ses contradictions. Mais il faut savoir la regarder, la flairer pour mieux la voir vivre. Le nez en l’air, l’œil aux aguets et le soulier vaillant, il faut la parcourir d’est en ouest, du nord au sud, en prenant son temps.

Stéphane Drillon a déambulé dans les rues parisiennes pour y croquer la ville comme il la ressent, au grès de ses envies. Ses dessins d’immeubles, précis et colorés, rencontres de hasard, sont de vraies merveilles. L’errance dans la cité vécue comme un rêve, entre la Venise de Jirô Taniguchi et les cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters. Les bâtiments deviennent d’étranges vaisseaux fantôme, presque désincarnés et pourtant si réels. Ils sont regroupés dans Ce qu’on ne voit pas, Paris, accompagnés des doux mots de Sigolène Vinson et ses instantanés de poésie, dans un superbe hommage à la capitale.

Ce qu’on ne voit pas, Paris

Stéphane Drillon et Sigolène Vinson

176 p – 25 €

Le Tripode

La guerre des Z toiles

Imaginez que les bonnes fées aient oublié de se pencher sur le berceau de George Lucas, le cinéaste américain. Imaginez que, au lieu de croiser les routes de Francis Ford Coppola et de Stephen Spielberg, Lucas soit malheureusement tombé sur Dany Delfonso, improbable producteur de films de science-fiction de série Z. Imaginez que ledit producteur, au bord de la faillite, décide de pervertir le scénario de Star Wars pour en faire un long-métrage X bas de gamme. Tel est le postulat de Star Fixion, album dessiné par Obion, coécrit par Obion et Bernstein et publié chez Fluide Glacial.

Entre les mains d’Obion et de Bernstein, la success-story hollywoodienne se transforme en une aventure erratique et hilarante, truffée de jeux de mots et de quiproquos loufoques. La fabrication du film devient la réjouissante balade d’une bande de branquignols dans les bas-fonds du cinéma de troisième zone. La BD pastiche à tout va la saga intergalactique pour une uchronie joyeusement irrespectueuse et un hommage plein d’humour au génial créateur de Luke Skywalker.

Star Fixion

Obion et Bernstein

Fluide Glacial

56 p – 12,90 €

Bref mais court

Gregueria est un terme espagnol qui pourrait être traduit par cri confus ou « brouhaha ». Mais c’est surtout une forme littéraire popularisée par Ramón Gómez de la Serna, un des écrivains espagnols parmi les plus inventifs et les plus prolixes. Ses greguerias sont de courtes phrases alliant humour et métaphore. L’Argentin Eduardo Berti, avec la complicité de la plasticienne Clémentine Mélois pour les illustrations, a voulu rendre hommage au maitre virtuose des greguerias en publiant un recueil de ces instantanés d’écriture.

L’ivresse sans fin des portes tournantes est donc un curieux inventaire de formules magiques et drôles, un catalogue loufoque d’éclairs poétiques. Chacun de ces traits de plume est un micro-voyage vers un monde parallèle, une brève déambulation dans une réalité légèrement distordue. Grâce aux greguerias, les objets et les animaux ont enfin une âme. Le minuscule vire alors au grandiose, l’anodin se transforme en douce folie et la lourdeur se pare soudain d’une élégance aérienne.

L’ivresse sans fin des portes tournantes

Eduardo Berti

Le Castor Astral

96 p – 16 €

Revue et approuvée (2)

Le Bouclard Nouveau est arrivé. Contrairement au Beaujolais nouveau qui sent forcément la banane, Bouclard a le parfum doux et changeant des livres aimés. En vieil argot, un bouclard désignait une librairie. Donc, forcément, Bouclard parle de livres et de littératures. Dans ce deuxième numéro, Emilie Houssa est partie à Illiers-Combray, dans une poétique recherche du proustien perdu. Cyril Gray a traversé l’Atlantique jusqu’à Cali, pour y rencontrer Hermán Hoyos, sorte de Douanier Rousseau colombien de la pornographie underground. Joël Langonné a laissé vagabonder sa pensée, dans un réjouissant coq à l’âne bibliophile. Avec, cerise sur le gâteau, les participations de la bibliothèque de Quentin Faucompré, des dessins de War and Peas et des poèmes de Maude Veilleux.

Tout ça pour dire que Bouclard est une revue joyeusement curieuse et éclectique. Elle est vendue dans les meilleures libraires de la galaxie. Il est aussi possible de la commander sur le site de Bouclard Éditions : www.bouclard-editions.fr.

Bouclard

Revue semestrielle

Bouclard Éditions 

10 € le numéro

Souffrances

Les corps brulés de quatre gamins sont retrouvés dans une maison abandonnée de la banlieue nord de Paris. Une équipe médicale s’interroge sur le comportement d’une mère face au cancer de sa fille. Un patient confesse ses penchants morbides à son psychiatre, distillant un malaise de plus en plus lourd. Trois histoires parallèles qui mobilisent l’équipe de l’inspecteur Rovère et la juge d’instruction Nadia Lintz. Trois enquêtes faites d’impasses et d’atermoiements, qui plongent les policiers et la magistrate au cœur des ténèbres, dans des mondes de désespoirs et de souffrances, dont les enfants sont les premières victimes, car les plus faibles parmi les faibles.

Moloch est une fascinante incursion dans les marges de notre système, vers des lieux d’errance et de violence. Une intrigue riche, complexe et brillamment menée, sur fond de réalisme social. Des personnages principaux dotés d’une réelle épaisseur, profondément humains, même dans leurs faiblesses. Un récit policier à l’écriture sobre, précise et sèche comme un coup de trique, qui tient en haleine jusqu’au bout de la nuit.

Les écrits de Thierry Jonquet, décédé en 2009, ont notamment inspiré le cinéma (La piel que habito de Pedro Almodovar, adapté de Mygale) et la télévision (la série Boulevard du Palais, avec Jean-François Balmer et Anne Richard). C’est un des grands écrivains du roman noir français, à l’instar d’un Jean-Patrick Manchette ou d’un Didier Daeninckx. La réédition récente de Moloch chez Folio est l’occasion de s’en souvenir.

Moloch

Thierry Jonquet

Folio

232 p – 8,40 €

Le non-sens de la vie

Germain Huby est un observateur discret au regard acéré. Il y a longtemps qu’il regarde et écoute le monde qui l’entoure. Il scrute les bizarreries et les incohérences de notre société. De ces observations il a fait un livre. Il s’appelle Le bruit des mots. Le principe en est simple : une scène dessinée en une image unique et quelques personnages qui bavardent. La famille, le couple, l’entreprise, la justice ou la vie extraterrestre. Une chambre, la mer, la montagne ou la planète Terre. Des univers variés et des décors aux dimensions changeantes. Des situations où la banalité flirte avec l’étrange ou le fantastique, quand elle n’y bascule pas complètement.

Le tout donne un cocktail étonnant et savoureux, entre l’absurde des Monty Python, version Le sens de la vie, l’humour sombre et lacunaire de Chaval, et l’art des dialogues de Woody Allen. Chaque dessin est un roman-photo minimaliste et épuré aux couleurs douces et froides. Une suite de vignettes drôles et cruelles qui racontent le ridicule et la vanité de la condition humaine.

Le bruit des mots

Germain Huby

Le tripode

16 € – 96 p