Le monde des livres

Les livres sont souvent des rencontres ou des aventures. Ce sont des saveurs, des parfums familiers ou inconnus. Clémentine Mélois est tombée dedans quand elle était petite, tel un certain gaulois tombé dans la potion magique (la comparaison s’arrête là). Il y a pire addiction. Pour notre plus grand bonheur, elle a décidé de partager cette passion, de parler de ces ouvrages aimés, comme on ferait goûter ses plats préférés à des amis. Tolkien l’initiateur, Perec ou Francis Ponge, Astérix, Maigret ou le capitaine Achab, l’inventaire est long et éclectique. Des œuvres qui sont des voyages, des allers-retours entre quotidien et rêve, vie d’adulte et enfance. La lecture se transforme alors en une expérience sensorielle durant laquelle le temps devient élastique. Qu’il soit de poche ou relié cuir, l’objet imprimé lui-même a quelque chose de magique, de fascinant, qui explique aisément le doux fétichisme des amoureux de littérature.

La dernière création de Clémentine Mélois s’intitule Dehors, la tempête. En cette période, où une tempête silencieuse et inquiétante frappe à nos portes, elle rappelle, avec tendresse, humour et un brin de nostalgie, à quel point un livre peut être un refuge apaisant et salvateur. Elle nous invite à relire ceux qui ont compté. Elle nous pousse à partir à la découverte d’auteurs inconnus et de nouveaux personnages, pour mieux entrer dans leur univers et par-là même de les inviter dans le nôtre. Tout un programme de plaisirs à venir, de bonheurs à partager.

Dehors, la tempête

Clémentine Mélois

Grasset

192 p – 17 €

L’heure de Loire

L’estuaire de la Loire est un pays incertain, un espace hésitant entre fleuve et océan, boires abandonnées et raffineries incandescentes, nostalgie et modernité. Le bac de Mindin, trait d’union obsolète entre deux berges, n’existe plus. Il a été depuis longtemps remplacé par le pont de Saint-Nazaire, même si son fantôme hante toujours le fleuve. Pendant deux ans, avec passion, Ludovic Giraudon, Patrice Lumeau et Guillaume Noury ont exploré, observé et écouté ce monde à part. Ils l’ont photographié et raconté dans un ouvrage collectif intitulé Tu vas où ? tu m’emmènes… Une flânerie rêveuse d’une rive à l’autre, au hasard des rencontres et des découvertes. Un livre comme une promesse de voyage dans un pays presque imaginaire.

Tu vas où ? tu m’emmènes…

Ludovic Giraudon, Patrice Lumeau, Guillaume Noury

Auto-publié

Commande https://guillaumenoury.format.com/livre-tu-vas-ou-tu-m-emmenes

18 € – 52 p

Chacun cherche son chat

Vous avez peut-être déjà croisé, collé à un arbre ou à un mur, un message déposé par un humain éploré à la recherche de son animal de compagnie disparu. Ces affiches racontent des micro-tragédies de la rue, empreintes de tristesse et d’espoir. Bruno Gibert, tel un Docteur Dolittle urbain et écrivain, doit probablement parler couramment plusieurs langues, comme le chien, le chat ou la perruche. Grâce à ce don, il a pu donner la parole à quelques-uns de ces fugitifs, sous la forme de lettres adressées à leurs propriétaires.

Pas perdus ! c’est une vingtaine d’histoires pleines de poésie et d’humour, inventées à partir de vrais avis de recherche. Elles parlent de nos relations souvent ambiguës avec nos fidèles compagnons. Des fables sensibles et ironiques où l’humanité, avec ses petits travers, n’a pas toujours le beau rôle. La littérature enfantine dissimule des trésors insoupçonnés. Pas perdus ! fait partie de ces perles rares et cachées qui méritent d’être découvertes et appréciées sans fausse honte et sans limitation d’âge.

Pas perdus !

Bruno Gibert

L’école des loisirs

160 p – 12 €

Le goût de la pomme

Un psychanalyste en fin de carrière, presque au bout du rouleau. Il ne lui reste plus que huit cents séances et c’est fini, il ferme son cabinet et prend sa retraite. Il y a longtemps qu’il a oublié ses rêves au fond d’un des tiroirs de son secrétaire. Les années ont passé, le jeune praticien qu’il était, plein de projets et d’espoirs, s’est lentement desséché, racorni seul dans son coin : « l’homme était devenu un autre, pendant que je regardais ailleurs ». Un jour débarque dans son cabinet Agathe, une nouvelle patiente au parfum de pomme. Une femme fragile, en équilibre précaire au bord du vide, comme victime d’un inexorable processus d’effacement. Entre ces êtres a priori si éloignés, une douce alchimie va s’opérer, par petites touches, rendez-vous après rendez-vous. Deux âmes presque mortes vont enfin revivre au contact l’une de l’autre.

Agathe, de la Danoise Anne Cathrine Bomann, est une merveille de délicatesse et d’intelligence. Une œuvre à l’écriture sobre, subtile, qui parle avec sensibilité de sujets sombres, comme la vieillesse qui emprisonne ou les peurs qui paralysent. L’autrice y évoque aussi avec chaleur et tendresse le désir, le partage, et toutes ces choses, petites ou grandes, qui entraînent vers la vie et la lumière. Sous sa plume, la confection d’un gâteau aux pommes devient un véritable moment de bonheur et de poésie. Anne Cathrine Bomann est psychologue, Agathe est son premier roman et a été traduit dans une vingtaine de langues. Gouttez-y sans hésiter et régalez-vous.

Agathe

Anne Cathrine Bomann

La Peuplade

176 p – 18 €

Narration désynchronisée

Le métier de romancier est plus compliqué que l’on ne l’imagine. Surtout quand les personnages de la fiction littéraire échappent à leur créateur et n’en font qu’à leur tête. C’est ce qui arrive au héros de Albert et l’argent du beurre de Laurent Rivelaygue. Il se rêvait en fabriquant de best-sellers, riche et adulé. Le voilà condamné à courir après ses propres créatures, se bagarrer contre elles, réparer les catastrophes qu’elles provoquent ou subissent. Démiurge impuissant, il en est réduit à essayer de renouer tant bien que mal les fils d’un récit parti dans tous les sens.

Albert et l’argent du beurre est un roman loufoque et singulier. Vu de loin, il ressemble à du grand n’importe quoi, mais c’est en réalité une œuvre parfaitement maîtrisée. Une littérature approximative brillamment organisée, inventive et d’une réelle drôlerie. Le combat du pauvre plumitif dépassé devient une sorte de concours de narration désynchronisée où l’auteur (celui de chair et d’os, pas l’autre malheureux) secoue la langue française à grands coups de néologismes, pléonasmes et autres bizarreries stylistiques, à en rendre fous les membres de l’Académie française. Il est malheureusement à craindre que Laurent Rivelaygue soit le fruit, caché et indigne, de l’union contre nature de Jean-Baptiste Botul, Pierre Desproges et des Nuls, voire même pire. La lecture de son dernier ouvrage, à l’humour absurde, potache et déjanté, est en tout cas la meilleure des façons de lutter contre la morosité ambiante, en se tenant les côtes dans de grands éclats de rire.

Albert et l’argent du Beurre

Laurent Rivelaygue

Éditions du Sonneur

224 p – 15 €

Définir l’intime ?

Etymologiquement l’intime, du latin intimus, désigne ce qu’il y a « de plus intérieur ».  Paradoxalement, le concept relève avant tout d’un acte social, « une volonté de dévoiler ou de soustraire », un choix qui est le reflet de la société. Mais chercher à définir l’intime est délicat, tant cette notion est changeante, insaisissable. La revue Sensibilités, dans son numéro 6, est partie chercher l’intime là ou on ne l’attendait pas. Philosophes, chercheurs, universitaires ou artistes, les expériences et les savoirs sont variés. Réflexion sur le besoin de mettre en scène sa vie privée, exploration de la culture japonaise, fac-similés de lettres d’amour ou de rupture, photographies de lits d’adolescents incarcérés à Fleury-Mérogis… autant de thèmes originaux qui reflètent parfaitement la complexité du sujet. Une approche libre et éclectique qui prouve que l’idée de l’intime ne peut pas se laisser enfermer dans un cadre trop rigide. Sensibilités est une revue semestrielle qui explore avec intelligence la question des sensibilités en multipliant les regards autour d’un même thème.

Sensibilités

Les paradoxes de l’intime

Revue semestrielle

Abonnement 1 an 44 €

Editée par Anamosa

Ellipse hip hip hourra !

Plus le temps passe et plus les choses demeurent les mêmes. Prenez par exemple les titres de presse : depuis plusieurs années Adrien Gingold et Frédéric Martin en traquent la perle rare, la phrase qui flashe, l’accroche foireuse, le résumé virtuose ou approximatif, dont nous abreuvent les journaux sous toutes leurs formes. Et chaque cuvée délivre son lot de petits trésors volontaires ou non. Il faut dire qu’avec la surabondance des médias, notamment en ligne, et la course de plus en plus frénétique à l’audience, la source n’est pas près de se tarir. Le nirvana dans ce domaine est sans conteste le fait divers. C’est un univers parallèle qui fait le bonheur des amateurs de curiosités, un monde perdu sans cesse réinventé, entre réalité froide et poésie absurde, qui se prête à bien des rêveries. 

Le tout va bien 2019 est à la hauteur de ses prédécesseurs. « Déjà 33 ans de prison et il vole du boudin », « Un couple vole deux cafetières qui fuient, la police les suit à la trace » … autant de microfictions ébouriffantes, d’ellipses grandioses, qui valent bien des romans fleuves.

Le tout va bien 2019

Adrien Gingold et Frédéric Martin

Le Tripode

148 p – 9 €

Une bonne dose de Martini

Un jour, au détour d’une conversation avec sa grand-mère, Sylvain Chantal apprend qu’un des oncles de celle-ci a été le chauffeur du négus, Haïlé Sélassié, roi des rois et dernier empereur d’Éthiopie. Intrigué, il creuse un peu plus le sujet et découvre que ce lointain parent, Francesco de Martini, a eu une carrière plutôt extraordinaire. Il fut une sorte de Lawrence d’Arabie mâtiné de James Bond, mais en version italienne. L’écrivain décide alors de poursuivre ses recherches pour en faire le sujet de son prochain livre. Entre Nantes, Rome et Beyrouth le voici parti recoller les morceaux épars d’une étonnante aventure quasiment oubliée.

Turco est une enquête presque policière à la recherche de l’aïeul perdu. C’est une narration à plusieurs niveaux, sautant sans cesse du passé et présent, une confrontation entre le quotidien un peu bancal de l’écrivain et les aventures romanesques et abracadabrantes du militaire. Simple soldat italien, chauffeur du négus, chef de la garde impériale éthiopienne, espion… la vie de l’italien ne manque pas de souffle et de rebondissements. L’auteur, quant à lui, prend son temps, digresse et musarde, entre deux pages d’écritures. On éprouve autant de plaisir à suivre ses petits tracas, ses doutes et ses surprises qu’à découvrir les tribulations à rebondissement de son fantasque héros. Tout cela donne au récit de Sylvain Chantal un ton joyeusement enlevé, avec une bonne dose d’autodérision réconfortante en cette période d’ego trop souvent boursouflé.

Turco

Sylvain Chantal

Bouclard

208 p – 19 €

Ma sorcière mal aimée

Imaginez un marais putride peuplé de créatures abjectes, monstres hostiles et entités démoniaques. C’est le domaine de Radada, sorcière de son état, et de son fidèle et lubrique animal de compagnie, Francis. La dame n’aspire qu’à une chose, qu’on la laisse tranquille. Mais il y a sa sœur Mélusine, ennemie jurée, les paysans de la région, le Diable, Neptune et tout une kyrielle d’entités plus ou moins douteuses qui ne semblent avoir pour seule ambition que de nuire à la magicienne. Alors bien sûr ça l’énerve, il lui arrive de perdre son sang-froid et de commettre des horreurs, mais il faut bien qu’elle défende son cher marais.

Radada est un personnage de BD créé en 1992 par Gaudelette, au dessin et au scénario, et Sauger, co-scénariste. Une héroïne infréquentable à la mauvaise humeur franchement réjouissante, et dont les sévices ne sont finalement qu’une juste réponse à la bêtise et à l’avidité des humains. Radada l’intégrale est l’occasion de replonger avec délice dans les frasques de cette désopilante mégère.

Radada l’intégrale

Gaudelette et Sauger

Fluide Glacial

160 p – 24,90 €

Prix 130 livres 2019

Comme j’ai un peu la flemme de faire ma compil de l’année, j’emprunte celle d’Antoine Faure, qui fait ça très bien.

130 livres

  • Prix 130 du meilleur bouquin lu cette année si ce genre de prix était décerné par 130 lives : Eureka street, de Robert McLiam Wilson
  • Prix Robert Penn Warren du merveilleux classique ignoré de tous : Un endroit où aller, de Robert Penn Warren
  • Prix du bouquin littéralement fait pour toi et qui dépasse quand même tes attentes : Ce que cela coûte, de WC Heinz
  • Prix du roman idéal pour faire le malin parmi les malins : Les saisons, de Maurice Pons
  • Prix du meilleur Philip Roth lu cette année : La contrevie, de Philip Roth
  • Prix du plus beau substitut possible à Franz Kafka, pour ceux qui n’osent pas dire qu’ils ne l’adorent pas : L’homme de Kiev, de Bernard Malamud
  • Prix « Oui, mais c’est moi qui décide » : Sérotonine, de Michel Houellebecq
  • Prix du premier roman qui dit plus…

Voir l’article original 140 mots de plus

Good Bye Lénin

Urbex, de l’anglais « urban exploration », signifie exploration urbaine. C’est-à-dire la visite des immeubles et des endroits abandonnés ou interdits. L’ex-Allemagne de l’Est, disparue en 1990, regorge de ces vaisseaux fantômes, vestiges oubliés mais toujours très présents du socialisme d’avant la chute du mur de Berlin. Depuis, le silence a recouvert les années RDA, comme si elles n’avaient jamais existé, comme si une amnésie collective avait frappé le peuple allemand.

Nicolas Offenstadt est parti à la recherche des traces d’un passé pas si lointain, à la découverte de ces endroits emblématiques de la République Démocratique Allemande. Lieux de pouvoir, entreprises, bâtiments militaires, culturels ou sportifs, Il en a visité plus de 250, les a photographiés, a cherché à les comprendre et à le faire parler. Urbex RDA est le riche journal de voyage de cette errance urbaine de l’autre côté du mur. Un ouvrage passionnant qui explore avec rigueur et poésie l’histoire d’un État disparu il y a peu.

Urbex RDA

Nicolas Offenstadt

Albin Michel

258 p – 34,90 €

En écoutant Gabin

Il y a la mer du Nord, au loin les falaises anglaises, les bateaux qui passent comme des rêves de voyages. Il y la plage, les dunes, des hiboux et des oies sauvages. Il y a, tout près, perdu en pleine nature, quelques baraques de bric et de broc où vivent Anatole, Loïk et Lucille. Au dehors, c’est la ville, le port et le chantier monstrueux où travaille Loïk. Les trois se sont construit une petite communauté de peu, une presque famille unie par un attachement pudique, deux oncles bourrus, approximatifs et leur nièce de fortune. La vie s’y écoule, doucement chaotique, faite de petites joies, de rires et de mélancolie, et Jean Gabin n’est jamais très loin. Parfois ça se chamaille un peu, mais quand ça tangue à l’extérieur on sait se tenir chaud. Jusqu’au moment où tout bascule dans le drame. Bêtement, pour des conneries, des trois fois rien qui se transforment en machine à broyer, comme celle que conduit Loïk. Loïk, son goût pour le désastre, ses fêlures et sa colère à fleur de peau qui ne demande qu’à exploser.

L’auteur de L’horizon qui nous manque est un enfant du Nord et cela se sent à la lecture de son dernier roman. C’est un récit bleu comme un ciel printanier, plein de sable, de vent iodé et de cris d’oiseaux. Il a un parfum de bière et de salicorne. C’est aussi un roman amer et gris, d’un gris poisseux comme un ciel flamand des mauvais jours. Une belle et poignante chronique, entre tendresse et violence, accompagnée par les mots de Gabin et superbement mise en musique par Pascal Dessaint.

L’horizon qui nous manque

Pascal Dessaint

Rivages Noir

250 p – 19 €

Danse macabre

La mort est partout et nulle part. On la croise au coin de la rue, dans les faits divers, les informations nationales, ou dans la rubrique obsèques du journal local. Pourtant l’idée de mort reste intolérable pour la plupart d’entre nous. Nous regardons ailleurs, nous l’euphémisons pour mieux l’oublier. De peur de vieillir nous essayons d’arrêter le temps, à la recherche illusoire d’une éternelle jeunesse.

Heureusement, il y a Lelo Jimmy Batista pour nous rappeler à quel point le savoir-mourir est un art nécessaire. Et quoi de mieux que le cinéma pour nous apprendre à succomber avec éclat ? Tués par la mort est la compilation indispensable des disparitions incongrues du grand écran. Mort par brosse à dents, par carotte, par gigot d’agneau… les possibilités semblent infinies. L’auteur a convoqué des grands noms du 7ème art, des maîtres de l’horreur et du fantastique et des tacherons de la pellicule, pour nous offrir ce dictionnaire ironique et poétique de décès bizarres. Illustré par les dessins joyeusement corrosifs de Freak City, Tués par la mort est une salutaire leçon de vie et de mort où l’humour noir flirte avec la philosophie.

Tués par la mort

Lelo Jimmy Batista, illustrations Freak City

Hachette Heroes

272 p – 19,95 €

Domination

Au nord du Québec les habitants de la petite ville de Roberval traînent leur ennui au bord du lac Saint-Jean. Une société de soumission où le quotidien pèse et anesthésie comme la neige engourdit. Dans cette région austère, l’avenir se dessine en gris terne. A la scierie, un des principaux employeurs du coin, les salariés sont en grève et le conflit social s’éternise et se durcit. Parmi les grévistes, il y a Querelle beau et hédoniste colosse venu de Montréal et Jézabel la rebelle. Deux âmes libres et solaires coincées dans une société engoncée dans ses tristes conventions. Mais que valent ces individus de peu, ouvriers méprisés, indigènes déclassés, face à la logique du profit pur, celle de la réduction des coûts et de l’ubérisation en marche ? Dans un affrontement de plus en plus tendu, tous les coups sont permis contre les grévistes. Pendant ce temps les autorités regardent ailleurs. A la brutalité des rapports de domination, imposée par les pouvoirs économiques et politiques, répond alors la colère de ceux qui n’ont plus ni parole ni espoir. Une lutte inexorable s’engage, âpre et frontale, qui ne peut se terminer que par un drame.

Kevin Lambert est un jeune écrivain québécois et Querelle est son deuxième ouvrage. C’est une tragédie sociale et érotique, entre Zola et Jean Genet, qui empoigne, trouble et secoue. Un récit puissant et cru, à l’écriture ironique, violente et sensuelle. Un roman que l’on prend comme une claque et que l’on referme groggy, abasourdi.

Querelle

Kevin Lambert

Le nouvel Attila

256 p – 18 €

Paris comme un rêve

Paris a mille visages. Hôtels particuliers, anciens ateliers, immeubles modernes ou haussmanniens, habitat bourgeois ou populaire, autant d’apparitions, autant de découvertes. L’agglomération est riche de ses différences et de ses contradictions. Mais il faut savoir la regarder, la flairer pour mieux la voir vivre. Le nez en l’air, l’œil aux aguets et le soulier vaillant, il faut la parcourir d’est en ouest, du nord au sud, en prenant son temps.

Stéphane Drillon a déambulé dans les rues parisiennes pour y croquer la ville comme il la ressent, au grès de ses envies. Ses dessins d’immeubles, précis et colorés, rencontres de hasard, sont de vraies merveilles. L’errance dans la cité vécue comme un rêve, entre la Venise de Jirô Taniguchi et les cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters. Les bâtiments deviennent d’étranges vaisseaux fantôme, presque désincarnés et pourtant si réels. Ils sont regroupés dans Ce qu’on ne voit pas, Paris, accompagnés des doux mots de Sigolène Vinson et ses instantanés de poésie, dans un superbe hommage à la capitale.

Ce qu’on ne voit pas, Paris

Stéphane Drillon et Sigolène Vinson

176 p – 25 €

Le Tripode