Encombrants

Blondin

Dimanche, en remontant la rue du Faubourg-Saint-Jacques, j’ai croisé une table branlante qui avait beaucoup trop vécu. Résignée, elle attendait les encombrants avec quelques camarades d’infortune, dont deux caisses de livres. Au dessus de l’une d’elles,  essayant péniblement de se faire remarquer, Monsieur Jadis ou l’école du soir, d’Antoine Blondin. J’ai cru entendre un appel discret, une supplique du genre « Monsieur, emmenez-moi s’il vous plait » et je me suis arrêté. Je ne suis pas quelqu’un qui ramasse dans la rue le premier bouquin venu, j’ai ma fierté. Mais là, je ne sais pas pourquoi, j’ai hésité, tourné autour du pot (enfin, autour de la caisse, si vous préférez) et finalement j’ai mis discrètement Blondin dans ma poche. S’il vous plait, n’en parlez pas à ma mère, je ne sais pas ce qu’elle en penserait.