Auguste mais clown

L’empereur romain Claude n’est pas celui qui a le plus marqué l’histoire. Il ne dispose pas de la stature majestueuse d’un Jules César, il n’a pas l’aura monstrueuse d’un Néron ou d’un Caligula. C’est un personnage bancal dans tous les sens du terme. Inapte physiquement, pas spécialement courageux, un héros mal vu, mal apprécié, aux contours incertains.

Vénus s’en va, dernier roman de Damien Aubel, s’attache à réinventer avec brio cette terne figure. Plus qu’une biographie, l’auteur nous propose un voyage onirique à la  recherche d’un autre Claude, empereur sublime et ridicule. Auguste certes, mais plus proche du clown que des empereurs du même nom, Il a entrevu l’absolu féminin, incarné par la déesse Vénus, et n’a de cesse que le retrouver. Presque étranger à son empire et aux complots qui l’entourent, il poursuit, éperdu, cette inaccessible chimère, des marbres des palais impériaux aux bas-fonds les plus glauques. Un récit baroque, bouillonnant, à l’écriture intense et chatoyante.

Vénus s’en va

Damien Aubel

Inculte

230 p – 17,90 €

Le Chirurgien-Dentiste de France n° 1846-1847 du 23-30 mai 2019