C’était vieux avant


Il fut un temps, dans un autre siècle, où les téléphones, noirs et lourds, avaient des fils, voire des câbles. DS, Deux-chevaux ou cyclomoteurs, chacun son véhicule, chacun son monde et les vaches étaient bien gardées. Dans les champs le tracteur posait son homme et les pylônes électriques imposaient leur beauté radicale. C’était les années soixante, au cœur des trente glorieuse.
Mais cette gloire, on la voyait de très loin dans les campagnes. La notion de pédagogie se limitait au choix entre ceinturon et martinet. L’eau des rivières et des étangs réservait plein de surprises, objets abandonnés ou animaux noyés. La sulfateuse et ses désherbants (on ne parlait pas de produits phytosanitaires à l’époque) évitait la prolifération des mauvaises herbes et celle du troisième âge. On savait vivre court en ce temps-là.
C’est cette France rurale, celle de son enfance, que Dominique Boll, né en 1962, évoque dans Le numéro que vous avez demandé n’est plus attribué. Un monde lointain, âpre, sur lequel l’artiste porte un regard cruel et drôle, loin du cliché du « c’était mieux avant ». Des textes courts et percutants illustrés des dessins peints à l’encre de chine, d’une beauté souple et épurée. Le pinceau de Dominique Boll, tout en mouvement et légèreté, a l’élégance féline.
Le numéro que vous avez demandé n’est plus attribué
Dominique Boll
Le Tripode
84 p – 15 €

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s