Flics frasques

Les Dentus sont un peu à la police ce que les Dalton sont au crime : une bande de quatre bras cassés. Plutôt truffes que fins limiers, enquêteurs aléatoires et penseurs approximatifs, avec eux les délinquants peuvent dormir tranquilles. Si encore ils n’étaient que d’aimables tire-au-flanc, des Gaston Lagaffe du quai des Orfèvres, cela serait un moindre mal. Malheureusement Raoul, le chef de ce quatuor, je n’ose pas dire la tête pensante, est à la recherche du dossier majuscule, celui qui, il en est persuadé, fera de lui un des plus grands flics de France. Alors, lorsque, par malheur, leur tombe entre les mains une sombre et délicate affaire avec deux coupables pour une seule victime, cela ne peut que tourner au désastre judiciaire.

Les Dentus – De pire en pire est une bande dessinée hilarante, une réjouissante parodie de polar. Les recherches de ces fonctionnaires zélés mais bas du front tiennent plus de la logique des Shadocks que de la rigueur d’un Sherlock Holmes.  Tels des Burma de bazar ou des Maigret mal finis, ils déambulent dans un Paris légèrement transformé mais plus vrai que nature, multipliant bourdes et gaffes, cherchant en vain à suivre les traces de leurs glorieux ainés. Une BD policière d’Anthony Pascal joyeusement loufoque.

Les Dentus – De pire en pire

Anthony Pascal

La mouche-krocodile

66 p – 16 €

Vox populi.2

Lorsque Wagner, l’ancien journaliste spécialiste de faits-divers, croise le chemin de la septuagénaire solitaire, une petite lumière rouge se met à clignoter. Une tête déjà vue, mais où et quand ? Il finit par identifier la dame, condamnée il y a quelques années à douze ans de prison pour avoir tué son mari de trois balles dans le dos. Meurtrière ou victime, assassinat ou légitime défense, à l’époque la presse et les réseaux sociaux, nouvelles vox populi.2, avaient choisi leur camp, l’érigeant en martyre. Grace à la pression médiatique, elle avait bénéficié d’une grâce présidentielle inespérée, signée le jour de la Saint-Innocent. L’ex-chroniqueur sent pourtant que quelque chose cloche dans ce dossier et décide d’aller y voir de plus près.

Dans Trois cartouches pour la Saint-Innocent, enquête et road-movie font bon ménage. La province, pardon, on dit maintenant « les territoires », défile au rythme des voyages de Wagner et de ses rencontres. On y parle d’argent, de secrets honteux, de manipulations politiques, de bière et de charcuterie. Le passé rode, jamais très loin, avec son lot de regrets et de nostalgie. Parfois le récit fait une pause, à cause d’un écureuil, à cause d’une mésange. Alors la noirceur humaine se fait momentanément oublier pour la beauté d’un paysage, la tranquillité d’une scène de pâture ou le parfum acide des bogues de noix au bord des fossés.  Inspiré d’un fait-divers réel (cherchez lequel), le dernier roman de Michel Embareck est un vrai bonheur de lecture, au style vif, riche et inventif. Un récit au ton ironique, allègrement irrespectueux et politiquement incorrect, teinté de tendresse et de poésie.

Trois cartouches pour la Saint-Innocent

Michel Embareck

L’Archipel

224 p – 18 €

Auto-tamponneur

Connaissez-vous le Tampographe Sardon ? C’est un être mi-homme, mi-ours caché au fin fond d’une rue sans grâce du vingtième arrondissement de Paris. Planqué dans son antre-refuge, tel un sorcier des temps anciens, il pratique un art étrange et oublié : la création de tampons encreurs. Pas de simples tampons administratif et sans âme, non, mais des tampons magiques, pleins de créativité, d’humour noir, de sarcasme et de poésie. Si vous trainez du côté du Père-Lachaise, n’hésitez pas à faire une halte dans sa boutique, 4, rue du Repos, c’est une caverne merveilleuse.

En plus de créer des tampons, le Tampographe, de son vrai nom Vincent Sardon, écrit et il le fait avec talent. Il vient de publier un livre, Le Tampographe – Chroniques de la rue du Repos. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ouvrage est à la hauteur de l’œuvre tamponnesque du bonhomme. Outre des photos de ses créations, sources inépuisables de bonheur, on y découvre avec plaisir ses courtes chroniques bougonnes, des extraits de son quotidien sans chronologie particulières, comme des déambulations le nez en l’air, au grès des vents. Entre observation ironique de ses contemporains et autodérision salutaire, Vincent Sardon nous raconte sa vie d’artisan ermite. Et lorsqu’il sort de son atelier tanière, il promène son humanisme ronchon dans les allées du Père-Lachaise, les galeries d’art ou les environs de la place Clichy avec la même verve rieuse et misanthrope.

Le Tampographe – Chroniques de la rue du Repos

Vincent Sardon

Flammarion

248 p – 35 €

On ne devrait jamais quitter Beaupréau

Pierre Barrault est né à Beaupréau, au sud-ouest du Maine-et-Loire.  Depuis il a quitté sa ville natale et vit aujourd’hui à Nantes. Était-ce une bonne idée ? On peut en douter en lisant son dernier roman, Catastrophes. Car depuis, l’univers de l’écrivain, à moins que cela soit celui de son narrateur, semble s’est détraqué, même si lui (le créateur ou sa créature, je ne sais plus trop) reste imperturbable. Tel un Buster Keaton plongé dans un univers d’irréalité virtuelle, le personnage traverse impassible les accidents les plus étranges, dans un monde où tout dysfonctionne. A pied, en train, en voiture (c’est Claire qui conduit) ou enfermé dans sa chambre, rien ne va, mais tout parait normal. L’espace, le temps sont déconstruits, les humains, les animaux se transforment au grès des avanies subies par le héros. On croise les sosies de François Berléand ou Frédéric Lopez, un faux boulanger ou un serveur fragmenté. Heureusement, Claire est là pour donner au tout un semblant de logique.

Catastrophes est le quatrième livre de Pierre Barrault. Son œuvre est un genre littéraire à elle toute seule, une sorte de littérature quantique basée sur le principe de l’inéluctable incertain. Nul logique apparente, donc, dans son dernier roman à l’univers onirique et au style épuré. Mais tout simplement le plaisir de se laisser porter d’une séquence absurde à une autre par les mots de l’auteur, de s’abandonner aux méandres de ce récit joyeusement catastrophique.

Catastrophes

Pierre Barrault

Quidam éditeur

132 p – 15 €

Show lapin

La synthèse est un art subtil et difficile et Didier Paquignon la manie avec talent. Deux ans après Le coup du lapin et autres histoires extravagantes il publie une nouvelle compilation de faits divers illustrée par ses soins. Des histoires réduites à leur quintessence, accompagnées de monotypes en noir et blanc. Des images qui ressemblent à des anciens clichés argentiques retrouvés au fond d’une valise dans un vieux grenier. Le choc des mots (courts) et le poids des estampes. Un joueur de golf provoque la destruction de cinq avions de chasse, un cercueil écrase mortellement le fils du défunt, la police demande gentiment aux criminels de cesser leurs méfaits pendant la canicule… Peu importe la source, parfois inconnue, peu importe la vraisemblance, ce qui importe c’est l’incongruité, le côté bizarre de ces tragédies dérisoires. En quelques mots sobres, l’histoire est résumée, comme un flash aux informations. Cruauté, stupidité, bassesse ou extravagance humaine, sont le terreau de ces drames minuscules qui claquent, tel des slogans publicitaires loufoques et absurdes. On pense aux Nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon, merveilles de concision, bien avant l’invention des tweets. Dans Tout va bien mon lapin ? Didier Paquignon, peintre et écrivain, dresse un portrait lucide et ironique de l’humanité.

Tout va bien mon lapin

Didier Paquignon

Le Tripode

176 p – 15 €

Manuel de la bêtise ordinaire

En 2019 Faut pas prendre les cons pour des gens, de Emmanuel Reuzé, au dessin et au scénario, et son co-scénariste Nicolas Rouhaud, a été un véritable succès de la bande dessinée. Ils ont donc décidé de remettre cela, pour une deuxième cuvée tout aussi grinçante que la première. Le monde de l’entreprise, l’ultra libéralisme, la pauvreté, l’enseignement, l’immigration, l’écologie… Faut pas prendre les cons pour des gens 02 pourrait être un parfait digest de tous les sujets de société qui font la une des médias. Mais le ton y est tout sauf sérieux, plutôt du genre sarcastique, un peu dans l’esprit d’un Groland, l’émission de Canal +. De courtes histoires au dessin réaliste, d’une ou deux pages, autour d’un thème d’actualité, où la logique apparente est poussé jusqu’au bout de l’absurde. Un manuel de la bêtise ordinaire à l’humour caustique et cruel, qui met en lumière la violence des rapports sociaux et la cruauté économique qui détruit petit à petit l’humanité et sa planète. L’album de Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud agit comme un formidable antidote aux discours à la gloire de la modernité, pour mieux en démontrer l’inanité. Un rire thérapeutique en quelque sorte.

Faut pas prendre les cons pour des gens 02

Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud

Fluide glacial

56 p – 12,90 €

Savants flous

Le monde scientifique est-il aussi sérieux qu’il veut nous le faire croire ? Pour Tom Gault, la réponse est évidement non. Des professeurs Tournesol, des savants fous, des entreprises avides de profit, des robots hors de contrôle, des erreurs navrantes, c’est un univers pas très net, en plein disfonctionnement, que nous raconte l’artiste. Avec une drôlerie caustique et facétieuse, il déconstruit le mythe du génial scientifique. Ses chercheurs improbables semblent le plus souvent issus de l’école des cancres que des grandes universités.

Le dessin est simple, lapidaire, de courtes histoires de quelques cases pleines de finesse qui croquent brillamment ces Albert Einstein loufoques, ces Marie Curie gaffeuses. En cette période étrange où les controverses sur tel ou tel professeur, sur tel ou tel virus saturent l’actualité, le livre de Tom Gauld n’en a que plus de saveur.

L’auteur est un dessinateur et illustrateur écossais. Il publie notamment ses œuvres dans le New-Yorker, Le New-York Times et dans le Guardian. Son dernier livre publié en France Le département des théories fumeuses est la meilleure démonstration possible que, pour parodier Rabelais, science sans humour n’est que ruine de l’âme.

Le département des théories fumeuses

Tom Gauld

Editions 2024

160 p – 15 €

Joyeux Noëls

Les Limericks sont de courts poèmes typiquement anglais popularisés par Edward Lear, un écrivain et illustrateur du XIXème siècle. Ils se présentent sous forme de pièces rimées de cinq vers, le plus souvent irrévérencieuses, voire obscènes, racontant de petites histoires pleines de « nonsence », une forme d’humour proche de l’absurde, dans l’esprit de l’Alice de Lewis Caroll.

Élodie Gillibert s’est lancée le défi d’écrire ses propres Limericks, travail d’autant plus ardu que chacun de ses textes est écrit en anglais et en français. Quand on connait la différence de sonorité entre les deux langues, on mesure la complexité de la mission qu’elle s’est assignée. Heureusement, le pari d’Elodie Gillibert est largement réussi avec ce recueil de Limericks faussement légers, à la réjouissante bizarrerie. Les dessins de Marc Guerra, telles les illustrations d’un énigmatique dictionnaire, soulignent parfaitement la gaîté paradoxale de ces petites poésies.

The sad story of Christmas Carol Lewis / La triste histoire de Noël Charles Lewis

Elodie Gillibert & Marc Guerra

Le bousquet-La barthe éditions

29 p – 9€

Meilleurs ennemis

On ne choisit pas sa famille. En revanche, on a toujours le choix de ses ennemis, donc autant les sélectionner avec tact. Combien d’inimitiés ont été gâchées bêtement faute d’avoir su choisir un adversaire à la hauteur. Nicolas Moog et Gilles Rochier n’ont manifestement pas ce souci. Ils se détestent, mais avec ferveur, se haïssent avec talent. Et comme ils ne sont pas bégueules, ils ont décidé d’un commun désaccord de partager leur exécration mutuelle dans un album qu’ils ont sobrement intitulé L’autre con.

Mélange de dessins moqueurs et d’échanges de textos hargneux, L’autre con est la chronique joyeusement irrespectueuse d’une fausse animosité entre deux artistes qui s’admirent en vrai mais n’osent pas trop le crier sur les toits. Quand la mauvaise foi devient un art jubilatoire.

L’autre con

Nicolas Moog et Gilles Rochier

Editions Rouquemoute

84 p – 9 €

Chacun cherche son chat

Vous avez peut-être déjà croisé, collé à un arbre ou à un mur, un message déposé par un humain éploré à la recherche de son animal de compagnie disparu. Ces affiches racontent des micro-tragédies de la rue, empreintes de tristesse et d’espoir. Bruno Gibert, tel un Docteur Dolittle urbain et écrivain, doit probablement parler couramment plusieurs langues, comme le chien, le chat ou la perruche. Grâce à ce don, il a pu donner la parole à quelques-uns de ces fugitifs, sous la forme de lettres adressées à leurs propriétaires.

Pas perdus ! c’est une vingtaine d’histoires pleines de poésie et d’humour, inventées à partir de vrais avis de recherche. Elles parlent de nos relations souvent ambiguës avec nos fidèles compagnons. Des fables sensibles et ironiques où l’humanité, avec ses petits travers, n’a pas toujours le beau rôle. La littérature enfantine dissimule des trésors insoupçonnés. Pas perdus ! fait partie de ces perles rares et cachées qui méritent d’être découvertes et appréciées sans fausse honte et sans limitation d’âge.

Pas perdus !

Bruno Gibert

L’école des loisirs

160 p – 12 €

Narration désynchronisée

Le métier de romancier est plus compliqué que l’on ne l’imagine. Surtout quand les personnages de la fiction littéraire échappent à leur créateur et n’en font qu’à leur tête. C’est ce qui arrive au héros de Albert et l’argent du beurre de Laurent Rivelaygue. Il se rêvait en fabriquant de best-sellers, riche et adulé. Le voilà condamné à courir après ses propres créatures, se bagarrer contre elles, réparer les catastrophes qu’elles provoquent ou subissent. Démiurge impuissant, il en est réduit à essayer de renouer tant bien que mal les fils d’un récit parti dans tous les sens.

Albert et l’argent du beurre est un roman loufoque et singulier. Vu de loin, il ressemble à du grand n’importe quoi, mais c’est en réalité une œuvre parfaitement maîtrisée. Une littérature approximative brillamment organisée, inventive et d’une réelle drôlerie. Le combat du pauvre plumitif dépassé devient une sorte de concours de narration désynchronisée où l’auteur (celui de chair et d’os, pas l’autre malheureux) secoue la langue française à grands coups de néologismes, pléonasmes et autres bizarreries stylistiques, à en rendre fous les membres de l’Académie française. Il est malheureusement à craindre que Laurent Rivelaygue soit le fruit, caché et indigne, de l’union contre nature de Jean-Baptiste Botul, Pierre Desproges et des Nuls, voire même pire. La lecture de son dernier ouvrage, à l’humour absurde, potache et déjanté, est en tout cas la meilleure des façons de lutter contre la morosité ambiante, en se tenant les côtes dans de grands éclats de rire.

Albert et l’argent du Beurre

Laurent Rivelaygue

Éditions du Sonneur

224 p – 15 €

Ellipse hip hip hourra !

Plus le temps passe et plus les choses demeurent les mêmes. Prenez par exemple les titres de presse : depuis plusieurs années Adrien Gingold et Frédéric Martin en traquent la perle rare, la phrase qui flashe, l’accroche foireuse, le résumé virtuose ou approximatif, dont nous abreuvent les journaux sous toutes leurs formes. Et chaque cuvée délivre son lot de petits trésors volontaires ou non. Il faut dire qu’avec la surabondance des médias, notamment en ligne, et la course de plus en plus frénétique à l’audience, la source n’est pas près de se tarir. Le nirvana dans ce domaine est sans conteste le fait divers. C’est un univers parallèle qui fait le bonheur des amateurs de curiosités, un monde perdu sans cesse réinventé, entre réalité froide et poésie absurde, qui se prête à bien des rêveries. 

Le tout va bien 2019 est à la hauteur de ses prédécesseurs. « Déjà 33 ans de prison et il vole du boudin », « Un couple vole deux cafetières qui fuient, la police les suit à la trace » … autant de microfictions ébouriffantes, d’ellipses grandioses, qui valent bien des romans fleuves.

Le tout va bien 2019

Adrien Gingold et Frédéric Martin

Le Tripode

148 p – 9 €

Ma sorcière mal aimée

Imaginez un marais putride peuplé de créatures abjectes, monstres hostiles et entités démoniaques. C’est le domaine de Radada, sorcière de son état, et de son fidèle et lubrique animal de compagnie, Francis. La dame n’aspire qu’à une chose, qu’on la laisse tranquille. Mais il y a sa sœur Mélusine, ennemie jurée, les paysans de la région, le Diable, Neptune et tout une kyrielle d’entités plus ou moins douteuses qui ne semblent avoir pour seule ambition que de nuire à la magicienne. Alors bien sûr ça l’énerve, il lui arrive de perdre son sang-froid et de commettre des horreurs, mais il faut bien qu’elle défende son cher marais.

Radada est un personnage de BD créé en 1992 par Gaudelette, au dessin et au scénario, et Sauger, co-scénariste. Une héroïne infréquentable à la mauvaise humeur franchement réjouissante, et dont les sévices ne sont finalement qu’une juste réponse à la bêtise et à l’avidité des humains. Radada l’intégrale est l’occasion de replonger avec délice dans les frasques de cette désopilante mégère.

Radada l’intégrale

Gaudelette et Sauger

Fluide Glacial

160 p – 24,90 €

La guerre des Z toiles

Imaginez que les bonnes fées aient oublié de se pencher sur le berceau de George Lucas, le cinéaste américain. Imaginez que, au lieu de croiser les routes de Francis Ford Coppola et de Stephen Spielberg, Lucas soit malheureusement tombé sur Dany Delfonso, improbable producteur de films de science-fiction de série Z. Imaginez que ledit producteur, au bord de la faillite, décide de pervertir le scénario de Star Wars pour en faire un long-métrage X bas de gamme. Tel est le postulat de Star Fixion, album dessiné par Obion, coécrit par Obion et Bernstein et publié chez Fluide Glacial.

Entre les mains d’Obion et de Bernstein, la success-story hollywoodienne se transforme en une aventure erratique et hilarante, truffée de jeux de mots et de quiproquos loufoques. La fabrication du film devient la réjouissante balade d’une bande de branquignols dans les bas-fonds du cinéma de troisième zone. La BD pastiche à tout va la saga intergalactique pour une uchronie joyeusement irrespectueuse et un hommage plein d’humour au génial créateur de Luke Skywalker.

Star Fixion

Obion et Bernstein

Fluide Glacial

56 p – 12,90 €

Bref mais court

Gregueria est un terme espagnol qui pourrait être traduit par cri confus ou « brouhaha ». Mais c’est surtout une forme littéraire popularisée par Ramón Gómez de la Serna, un des écrivains espagnols parmi les plus inventifs et les plus prolixes. Ses greguerias sont de courtes phrases alliant humour et métaphore. L’Argentin Eduardo Berti, avec la complicité de la plasticienne Clémentine Mélois pour les illustrations, a voulu rendre hommage au maitre virtuose des greguerias en publiant un recueil de ces instantanés d’écriture.

L’ivresse sans fin des portes tournantes est donc un curieux inventaire de formules magiques et drôles, un catalogue loufoque d’éclairs poétiques. Chacun de ces traits de plume est un micro-voyage vers un monde parallèle, une brève déambulation dans une réalité légèrement distordue. Grâce aux greguerias, les objets et les animaux ont enfin une âme. Le minuscule vire alors au grandiose, l’anodin se transforme en douce folie et la lourdeur se pare soudain d’une élégance aérienne.

L’ivresse sans fin des portes tournantes

Eduardo Berti

Le Castor Astral

96 p – 16 €