Auto-tamponneur

Connaissez-vous le Tampographe Sardon ? C’est un être mi-homme, mi-ours caché au fin fond d’une rue sans grâce du vingtième arrondissement de Paris. Planqué dans son antre-refuge, tel un sorcier des temps anciens, il pratique un art étrange et oublié : la création de tampons encreurs. Pas de simples tampons administratif et sans âme, non, mais des tampons magiques, pleins de créativité, d’humour noir, de sarcasme et de poésie. Si vous trainez du côté du Père-Lachaise, n’hésitez pas à faire une halte dans sa boutique, 4, rue du Repos, c’est une caverne merveilleuse.

En plus de créer des tampons, le Tampographe, de son vrai nom Vincent Sardon, écrit et il le fait avec talent. Il vient de publier un livre, Le Tampographe – Chroniques de la rue du Repos. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ouvrage est à la hauteur de l’œuvre tamponnesque du bonhomme. Outre des photos de ses créations, sources inépuisables de bonheur, on y découvre avec plaisir ses courtes chroniques bougonnes, des extraits de son quotidien sans chronologie particulières, comme des déambulations le nez en l’air, au grès des vents. Entre observation ironique de ses contemporains et autodérision salutaire, Vincent Sardon nous raconte sa vie d’artisan ermite. Et lorsqu’il sort de son atelier tanière, il promène son humanisme ronchon dans les allées du Père-Lachaise, les galeries d’art ou les environs de la place Clichy avec la même verve rieuse et misanthrope.

Le Tampographe – Chroniques de la rue du Repos

Vincent Sardon

Flammarion

248 p – 35 €

Off courses

Et si les listes de courses n’étaient en fait que des messages secrets, subtilement codés ? C’est l’incroyable découverte qu’a faite Clémentine Mélois en étudiant pendant des années, cloîtrée dans son laboratoire secret, ces précieux documents. Enfin presque. L’artiste collectionne depuis longtemps les listes de commissions ramassées dans la rue. Des tas de listes, des sèches comme des coups de trique, des longues comme des jours sans pain, des illisibles, des dessinées, des barbouillées…

A partir de ces bouts de papier abandonnés, dont elle publie la photo, elle a imaginé des instantanés de vie. Chaque image raconte un personnage, une histoire, comme la voix off d’un documentaire. Un court récit à la première personne qui est à la biographie ce que le speed-dating est aux histoires d’amour. Naviguant entre surréalisme et banalité tranquille, Sinon J’oublie est un catalogue aléatoire et merveilleux de petites misères et de grands espoirs. Edith, Jeanne, Michel, Kevin et les autres, l’auteure les imagine, leur donne consistance et leur offre pour un instant la parole. A travers son regard tendre, le quotidien le plus banal de ses héros approximatifs se transforme en une série de micro-aventures pleines de poésie et d’humour. Le roman de Clémentine Mélois est un inventaire précieux et dérisoire de petits éclats d’existences. Jacques Prévert peut commencer à s’inquiéter.

Sinon j’oublie

Clémentine Mélois

Grasset

240 p – 16 €

L’heure de Loire

L’estuaire de la Loire est un pays incertain, un espace hésitant entre fleuve et océan, boires abandonnées et raffineries incandescentes, nostalgie et modernité. Le bac de Mindin, trait d’union obsolète entre deux berges, n’existe plus. Il a été depuis longtemps remplacé par le pont de Saint-Nazaire, même si son fantôme hante toujours le fleuve. Pendant deux ans, avec passion, Ludovic Giraudon, Patrice Lumeau et Guillaume Noury ont exploré, observé et écouté ce monde à part. Ils l’ont photographié et raconté dans un ouvrage collectif intitulé Tu vas où ? tu m’emmènes… Une flânerie rêveuse d’une rive à l’autre, au hasard des rencontres et des découvertes. Un livre comme une promesse de voyage dans un pays presque imaginaire.

Tu vas où ? tu m’emmènes…

Ludovic Giraudon, Patrice Lumeau, Guillaume Noury

Auto-publié

Commande https://guillaumenoury.format.com/livre-tu-vas-ou-tu-m-emmenes

18 € – 52 p

Good Bye Lénin

Urbex, de l’anglais « urban exploration », signifie exploration urbaine. C’est-à-dire la visite des immeubles et des endroits abandonnés ou interdits. L’ex-Allemagne de l’Est, disparue en 1990, regorge de ces vaisseaux fantômes, vestiges oubliés mais toujours très présents du socialisme d’avant la chute du mur de Berlin. Depuis, le silence a recouvert les années RDA, comme si elles n’avaient jamais existé, comme si une amnésie collective avait frappé le peuple allemand.

Nicolas Offenstadt est parti à la recherche des traces d’un passé pas si lointain, à la découverte de ces endroits emblématiques de la République Démocratique Allemande. Lieux de pouvoir, entreprises, bâtiments militaires, culturels ou sportifs, Il en a visité plus de 250, les a photographiés, a cherché à les comprendre et à le faire parler. Urbex RDA est le riche journal de voyage de cette errance urbaine de l’autre côté du mur. Un ouvrage passionnant qui explore avec rigueur et poésie l’histoire d’un État disparu il y a peu.

Urbex RDA

Nicolas Offenstadt

Albin Michel

258 p – 34,90 €

La femme derrière la photo

Quand on parle de grands photographes, on pense souvent à Henri Cartier-Bresson, Raymond Depardon ou Robert Doisneau, plus rarement à Gerda Taro. Pourtant, celle qui fut la compagne de Robert Capa a marqué l’histoire de la photographie, malgré une carrière trop courte. Mais comme souvent l’homme a éclipsé la femme. Serge Mestre a voulu remettre en lumière le destin fulgurant de cette figure du photojournalisme, de sa jeunesse juive dans l’Allemagne Hitlérienne des années 30 à son décès accidentel à 27 ans, écrasée par un char de l’armée républicaine espagnole. Réfugiée à Paris, elle y apprend la photo sous la houlette de Capa. De l’autre côté des Pyrénées, la guerre civile fait rage. Gerda Taro va rapidement prendre fait et cause pour les forces antifranquistes et témoigner autant qu’elle le peut, par l’image, du combat de cette Espagne qui résiste. Au point d’y laisser la vie. Avec Regarder, Serge Mestre s’attache aux pas de son héroïne. Il dresse un portrait émouvant et plein de vie de la photographe, celui d’une femme libre, forte et engagée.

Regarder

Serge Mestre

Sabine Wespieser

19 € – 224 p

Le doux parfum du camphre

Il fut un temps, pas si lointain, où le rugby n’était pas encore un sport professionnel. À cette époque, les termes de musculation et de diététique étaient des gros mots. Pendant un match, personne ne s’amusait à compter les mètres parcourus ou les franchissements, tout au plus les points de suture gagnés au combat, comme autant de médailles.

Il fut un temps, pas si lointain, où l’équipe de France faisait rêver. C’était les années 80. Les stars s’appelaient alors Jean-Pierre Rives, Serge Blanco ou Jérôme Gallion.  Les héros de l’ombre, les « gros », avaient pour nom Jean-François Imbernon, Jean-Pierre Garuet ou Philippe Dintrans. C’était l’âge d’or du rugby français et le « french flair » n’y a probablement jamais si bien porté son nom.

David Beresford est Anglais mais ce n’est pas de sa faute. Il aime les bons vins, la gastronomie et le rugby hexagonal, il lui sera donc beaucoup pardonné. Avec Frères d’armes, il a voulu rendre hommage à quelques-uns des joueurs qui ont participé à cette épopée. Il est parti à leur recherche, un par un, tel un pèlerin humble et curieux en terre d’Ovalie. Le résultat de cette quête : 32 magnifiques portraits où Il y est question d’amitié, d’affrontement, de courses, d’ivresses et de fêtes. Et de regrets parfois, car la légende a aussi ses cotés sombres. Un album superbement illustré, notamment par le photographe Pierre Carton, au doux parfum de camphre, d’anis et d’herbe piétinée. Un livre beau comme des oreilles de pilier ou une passe de trois-quarts centre.

Frères d’armes

David Beresford

Hugo Sport

256 p 29,95 €.

De quoi fouetter un chat

Si la miche vous aguiche, la maie vous émeut et le seigle vous rend cinglé. Si vous trouvez les chats chafouins, les félins félons et les Maine Coons cons. Bref, si vous préférez les mies nettes aux minous, Du pain et des Chats d’Alexandre Géraudie est le livre qu’il vous faut. Grâce à lui vous ne vous sentirez plus seul au milieu des lol cats et des vidéos de chats mignons. Vous prendrez votre pied en vous vautrant dans le pétrin, en étant mené à la baguette et roulé dans la farine. Vous assumerez enfin au grand jour le bâtard qui sommeillait en vous.

Fruit d’un croisement hasardeux entre le CCC (comité contre les chats) et la CNBF (Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française), Du pain et des Chats est l’opuscule indispensable, la bible succincte de ceux qui aiment le pain mais pas les chats. Un test comparatif presque rigoureux, illustré en 40 tableaux approximatifs, à l’humour absurde, loufoque et totalement partial. Garanti 0 % gluten  mais 100 % mauvaise foi.

Du pain et des Chats

Alexandre Géraudie

Editions Flblb

5 € – 40 p

Les passants de la Butte

Lignes de désir

Montmartre est une carte postale où se croisent sans se voir les touristes pressés et les gens du cru. Le zinc éternel des anciens bistrots résiste comme il peut à l’invasion des fast-foods, les foules s’agglutinent sur les mêmes trottoirs de la rue des Abbesses et les marchands de souvenirs de la rue de Steinkerque attendent le gogo.

Astrid Waliszek est une familière de la Butte et de son petit monde. Elle publie Les lignes de désir, un ensemble de chroniques littéraires et photographiques montmartroises. Les lignes du désir sont ces raccourcis crées spontanément par les usagers dans l’espace public, en dehors des chemins imposés. Elles sont les symboles de liberté et d’échappée loin des sentiers trop fréquentés. C’est exactement ce que propose l’auteure : faire un pas de travers pour prendre le temps de se perdre dans le dédale des rues et des escaliers, au hasard des rencontres et des itinéraires bis, ter ou plus encore si affinité. Dans son sillage, on croise des chiens et des oiseaux, des passants fugaces et des patrons de bistro. Une enfant rit aux éclats, des acteurs hantent les théâtres et un chat disparaît. Le soleil brille, la pluie tombe, la nuit prend le contrôle de la cité. La colline vit à son rythme, ville dans la ville, avec son histoire, ses paradoxes, ses figures hautes en couleur et ses silhouettes anonymes. Ici, on est de la Butte comme on est d’un pays, comme on est d’une montagne, avec fierté mais sans ostentation, pour ne pas vexer les autres habitants de la capitale et les touristes égarés. Il ne faut pas hésiter à caler ses pas dans ceux d’Astrid Waliszek, à la suivre dans ses flâneries, à s’égarer avec elle dans ce labyrinthe, pour découvrir un peu de l’âme de ce coin de Paris si particulier.

Les lignes de Désir – Chroniques montmartroises

Astrid Waliszek

Jacques Flament

80 p – 20 €

Encombrants

Blondin

Dimanche, en remontant la rue du Faubourg-Saint-Jacques, j’ai croisé une table branlante qui avait beaucoup trop vécu. Résignée, elle attendait les encombrants avec quelques camarades d’infortune, dont deux caisses de livres. Au dessus de l’une d’elles,  essayant péniblement de se faire remarquer, Monsieur Jadis ou l’école du soir, d’Antoine Blondin. J’ai cru entendre un appel discret, une supplique du genre « Monsieur, emmenez-moi s’il vous plait » et je me suis arrêté. Je ne suis pas quelqu’un qui ramasse dans la rue le premier bouquin venu, j’ai ma fierté. Mais là, je ne sais pas pourquoi, j’ai hésité, tourné autour du pot (enfin, autour de la caisse, si vous préférez) et finalement j’ai mis discrètement Blondin dans ma poche. S’il vous plait, n’en parlez pas à ma mère, je ne sais pas ce qu’elle en penserait.

Magnum force

Magnum Manifeste

L’agence de photographie Magnum est entrée depuis longtemps dans la légende du photojournalisme. Fondée en 1947 par plusieurs grands photographes, dont Henry Cartier-Bresson et Robert Capa, elle a su traverser les crises et s’adapter à l’évolution de la photographie et du journalisme. Elle reste, 70 ans après, une des références de la profession. Magnum Manifeste, dirigé par Clément Chéroux, conservateur en chef pour la photographie au Musée d’Art Moderne de San Francisco, en collaboration avec Clara Bouveresse, historienne d’art, est un bel hommage à cette vieille dame pleine de vie et en perpétuel évolution.

Pourtant qui-a-t-il de commun entre le Magnum des débuts, idée généreuse née des ruines et des champs de batailles de la première guerre mondiale, et l’agence d’aujourd’hui ? Un certain esprit de liberté et d’indépendance, sûrement, une capacité à se renouveler, très certainement aussi, pour survivre aux nombreux défis économiques et technologiques, comme l’apparition du numérique, qui ont jalonné son histoire.

C’est toute la richesse de l’album Magnum Manifeste que de faire la synthèse des différentes époques de cette véritable institution. Construit en trois parties « L’utopie universaliste » (1947-1968), « L’inventaire des différences » (1969-1989) et « Des histoires de fins » (1970-2017), l’album offre plus de 400 documents photographiques, allant du pur reportage à des travaux beaucoup plus personnels, de nombreux témoignages et documents divers. Cette abondance témoigne de la vitalité, de la richesse et de la variété d’inspiration de l’agence Magnum et de tous ceux qui ont tissé, chacun leur tour, le fil de son histoire. C’est la passionnante démonstration qu’une utopie peut survivre à ses créateurs et traverser l’histoire.

Magnum Manifeste

Sous la direction de clément Chéroux, en collaboration avec Clara Bouveresse

Actes Sud

420 p – 49 €

Le chirurgien-dentiste n° 1780-1781 du 21-28 décembre 2017

Tous les arts sont dans la nature (1)

Succulentes

Les succulentes sont des plantes grasses gorgées de suc, comme les agaves ou les cactus, qui poussent dans les milieux les plus arides. A force de vivre dans les conditions les plus extrêmes, chaque famille de plante a développé ses propres stratégies pour survivre et se reproduire. Il en résulte une grande variété de formes, aux contours et aux couleurs multiples et souvent d’une grande beauté. Thomas Balaÿ, diplômé d’agronomie et photographe, est parti en quête de ces étranges végétaux. Dans Succulentes – Le design végétal, aux éditions Ulmer, il en présente soixante quinze portraits, accompagnés de textes de Frédéric Pautz, directeur des Jardins Botaniques de Nancy. C’est un ouvrage aux images superbes, oniriques, parfois à la limite de l’abstraction, où chaque plante devient une œuvre d’art à part entière.

Succulentes / Le Design végétal

Thomas Balaÿ – Frédéric Pautz

Ulmer

128 p 30 €

Le Chirurgien-Dentiste de France n° 1777-1778 du 30 novembre – 7 décembre 2017

 

INSTANTS DE GRÂCE

ombres-nomades

L’album d’Astrid Waliszek, Ombres nomades est une œuvre à part, un bel ouvrage suspendu entre deux arts, la photographie et la littérature, deux mondes différents et pourtant ici parfaitement complémentaires.

Les magnifiques photos en noir et blanc d’Ombres nomades sont les traces des instants qui passent. Un corps flou, comme un fantôme, une main, le bouton nacré d’une chemise, chaque cliché saisit un bout de vie, un instant fugace et silencieux, figé à jamais « un instant détaché de sa suite que la lumière a extirpé de la nuit« . Les images de la photographe nous envoient vers un monde enfui, un ailleurs, et nous invitent à un voyage dans la mémoire. Les mots qui les accompagnent racontent des histoire. Ni témoignages, ni illustrations, mais des rêveries, des errances portées par le regard sensible de l’auteure. Le tout donne une superbe création, un très bel objet à dévorer des yeux, rempli de vie, de mystère et de poésie: « Il faut que le regard soit doux, tendre, qu’il effleure le monde plutôt que de vouloir l’égratigner – à blesser on se blesse« . Ombres nomades est un livre plein de chaleur, de douceurs et de réminiscences, un chant à la poursuite du temps qui passe.

Astrid Waliszek est une artiste aux multiples talents. Elle a réalisé des documentaires, écrit une pièce de théâtre, des poèmes et des nouvelles. Elle est l’auteure de Topolina, roman paru chez Grasset en 2011. Femme d’images et de mots, elle nous propose, avec Ombres nomades, une échappée enchanteresse, à la recherche de la beauté délicate des choses éphémères. Un livre à lire, à relire et à conserver précieusement.

Laurent Gourlay

Ombres nomades

Astrid Waliszek

Jacques Flament éditions

80 p – 20 €

Le Chirurgien-dentiste de France n°1724 du 13 octobre 2016

NOUVELLES DU FRONT

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Robert Capa est considéré comme l’un des plus grands photographes du XXe siècle. Il a bâti l’essentiel de son succès grâce à ses images de guerre. Plusieurs de ses clichés ont fait le tour du monde, comme celui d’un soldat républicain espagnol tué au combat, ou ceux du débarquement en Normandie.

L’album Capa, l’étoile filante, de Florent Silloray est une biographie dessinée du célèbre reporter.  Elle nous fait découvrir un personnage naviguant entre l’ombre et la lumière. Capa est sans doute le premier photographe à atteindre un véritable statut de star. Il a collectionné les succès professionnels, les amitiés célèbres (Hemingway) et les conquêtes féminines (Ingrid Bergman). Avec quelques amis dont Cartier-Bresson, il a fondé l’agence Magnum, première agence coopérative de photographes, qui existe encore aujourd’hui. Mais Capa a perdu l’amour de sa vie, Gerda Taro, elle aussi photographe, tuée au cours de la guerre d’Espagne. Il ne s’en est jamais tout à fait remis. Il a cherché à l’oublier en se grisant à l’adrénaline, à l’alcool ou aux femmes, dans une cavalcade frénétique. Lors des reportages de guerre, il a toujours essayé d’être au plus près des zones de combats, jouant avec le danger et défiant constamment la mort si proche. Celle-ci a pourtant fini par avoir le dessus, alors qu’il n’avait que 40 ans, au cours d’un reportage pendant la guerre d’Indochine.

Florent Silloray a commencé comme illustrateur jeunesse avant de publier un premier roman graphique intitulé Le Carnet de Roger en 2011. Dans ce nouvel ouvrage, il nous livre une vision très personnelle du reporter, qui dépasse l’image ressassée du journaliste héros des temps modernes. Le photographe de talent y apparaît également faillible et imparfait, hanté par la figure de Gerda. En un mot, humain. Le dessin aux couleurs sépia et au style photographique, tel un vieux numéro de Life ou Paris Match retrouvé dans un grenier, épouse parfaitement le récit. Un album à mi-chemin entre nostalgie et histoire.

Capa, l’étoile filante

Florent Silloray

Casterman

88 pages, 17 €

Le Chirurgien Dentiste de France n° 1693-1694 du 28 janvier 2016